15 août 2026
Le procès de deux figures majeures de la chronique digitale malienne se tient actuellement devant la cour d’appel de Bamako. Youssouf Bathily, alias Ras Bath, et Rokia Doumbia, dite « Rose, la vie chère », y comparaissent pour « association de malfaiteurs et atteinte au crédit de l’État ». Cette double inculpation vise des personnalités influentes des réseaux sociaux. La procédure atteint aujourd’hui sa phase cruciale, marquée par les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense.
L’affaire est instruite depuis le lundi 10 août 2026, avec une audience centrale consacrée aux conclusions du ministère public. Les deux prévenus sont visés par une inculpation commune visant « l’association de malfaiteurs et l’atteinte au crédit de l’État ». Cette double qualification pénale renvoie à des infractions graves, généralement mobilisées lorsque les autorités estiment qu’une organisation structurée a cherché à discréditer les institutions publiques. La procédure s’inscrit dans le cadre de la juridiction supérieure, la cour d’appel de Bamako, qui examine les éléments du dossier après la phase d’instruction. Aucun détail supplémentaire concernant la composition exacte du groupe allégué ou la chronologie précise des actes reprochés n’a été communiqué publiquement lors de cette étape.

Face à la gravité des chefs retenus, le ministère public a formulé des réquisitions distinctes selon le profil de chaque prévenu. Pour Ras Bath, le parquet sollicite dix ans de prison ferme, sans proposition de sursis. Cette demande traduit une volonté de sanctionner directement les fonctions d’animateur et de chroniqueur remplies par l’intéressé. Concernant Rokia Doumbia, alias « Rose Poivron », le ministère public requiert également dix ans d’emprisonnement, mais assortit la peine d’un sursis partiel de cinq ans. Cette différence de traitement pénal suggère une appréciation nuancée du rôle attribué à chaque accusé dans les faits reproqués.
Le ministère public a requis 10 ans de prison ferme contre le chroniqueur et 10 ans dont 5 ans avec sursis contre l’influenceuse. La défense de son côté a demandé la relaxe.
Face à ces demandes, les avocats de la défense ont systématiquement plaidé la relaxe totale. Leur stratégie conteste la qualification juridique des actes et l’imputabilité directe des contenus diffusés en ligne. La confrontation entre le parquet et la défense illustre les tensions inhérentes à tout procès impliquant des figures médiatiques. La cour d’appel devra trancher sur la matérialité des liens supposés et sur la nature réelle des publications incriminées. Le caractère public de l’audience garantit une transparence procédurale, même si le verdict reste soumis aux délais de délibération.
Au-delà des débats juridiques, l’affaire génère un mouvement de soutien structuré. Des membres du CDR se sont explicitement positionnés pour défendre leur guide, révélant une mobilisation qui dépass
e le cadre strictement légal. Cette dynamique confirme l’influence considérable exercée par les deux chroniqueurs sur leurs communautés respectives. Dans un contexte où la chronique en ligne constitue un vecteur majeur de débat public au Mali, cette mobilisation souligne l’impact sociétal des comptes numériques.L’issue de ce procès pourrait dessiner un précédent concernant la responsabilité pénale des créateurs de contenu. Si la juridiction suit les réquisitions du parquet, elle marquera une tolérance réduite face aux critiques perçues comme organisées. À l’inverse, un acquittement renforcerait le statut d’espace de libre expression attribué aux plateformes sociales. Les prochaines étapes judiciaires permettront de préciser les contours de cette articulation entre régulation étatique et pratique médiatique contemporaine.
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