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Tchad : Naïr Abakar dévoile un budget 2026 taillé pour les Jeux CEMAC 2028

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Le sport tchadien passe à la vitesse supérieure

Devant les députés tchadiens réunis en séance budgétaire, le ministre de la Jeunesse et des Sports Naïr Abakar a présenté, le 28 septembre 2026, un projet de budget 2026 en hausse de 12 % par rapport à l’exercice précédent. L’enveloppe, fixée à 18,4 milliards FCFA (environ 28 millions d’euros), confirme l’ambition d’un pays qui se prépare à recevoir, en 2028, la 6ᵉ édition des Jeux de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à N’Djamena.

Cette trajectoire ascendante n’a rien d’un hasard : elle prolonge l’engagement pris par le Tchad lors du sommet de la CEMAC tenu à Yaoundé en mars 2026, après le report de l’édition 2024 initialement prévue à Bangui. Le ministre, ingénieur de formation diplômé de l’École nationale des ponts et chaussées de Paris et ancien directeur de l’Office national de la jeunesse et des sports (ONAJES) entre 2021 et 2026, a fait de cet héritage sportif continental la colonne vertébrale de sa feuille de route ministérielle.

4,2 milliards FCFA pour les infrastructures

Le chiffre qui retient l’attention, c’est celui des infrastructures. 4,2 milliards FCFA — soit 6,4 millions d’euros — seront consacrés aux équipements sportifs dans la perspective de la compétition régionale. Un signal fort envoyé aux athlètes tchadiens et aux fédérations nationales, longtemps confrontées à des installations vieillissantes.

Cette rallonge budgétaire traduit une vision structurée autour de trois axes prioritaires : la modernisation des infrastructures d’accueil, la formation des cadres techniques et la détection des talents en zone rurale. Trois leviers que Naïr Abakar défend depuis sa nomination par décret présidentiel n° 082/PR/2026 du 12 avril 2026, dans le sillage du remaniement gouvernemental orchestré par le président Mahamat Idriss Déby Itno.

Une coopération sportive avec la France en embuscade

Au-delà des murs de l’Assemblée nationale, le ministre a également confirmé la signature prochaine d’un protocole de coopération sportive avec la France. Ce partenariat, inscrit dans le programme AFD « Sport et Cohésion sociale en Afrique centrale », prévoit l’envoi de douze experts techniques du mouvement sportif français au Tchad sur la période 2026-2029. La paraphie officielle doit intervenir à l’occasion du Forum paix et sport de Monaco, en décembre 2026, en présence du prince Albert II et du chef de l’État tchadien.

Un tel transfert de savoir-faire vient renforcer un maillon crucial : la formation des entraîneurs et des gestionnaires de clubs. Pour un pays qui mise sur ses jeunes pousses, ce pont avec l’expertise française pourrait bien changer la donne sur le terrain.

Un budget de confiance pour la jeunesse

La session, retransmise en direct sur la Télévision nationale tchadienne (Télé Tchad), a permis au ministre de défendre une enveloppe en progression constante, selon les données publiées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) — qui tablait sur 16,4 milliards FCFA pour 2025. Cette dynamique budgétaire s’inscrit dans un contexte plus large : l’initiative « 50 mille emplois des jeunes », logée au sein même du ministère, tente toujours de trouver son rythme opérationnel, comme l’a relevé la presse nationale.

Reste que le signal envoyé aux députés et à la jeunesse tchadienne est limpide. Le sport n’est plus un parent pauvre du budget national : il devient un outil diplomatique, un levier d’employabilité et une vitrine régionale. À deux ans du rendez-vous de N’Djamena, N’Djamena affiche ses muscles — et ses comptes.

Cap sur 2028.

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