21 octobre 2026
Soixante ans de musique et de Sénégal entremêlés dans une seule bobine. L’Orchestra Baobab, ce collectif légendaire qui a défini le son dakarois des indépendances, s’apprête à investir les salles obscures. Le Pathé Cinéma de Mermoz accueille l’avant-première d’un documentaire qui retrace, à partir d’archives rares et de témoignages vivants, l’épopée d’un groupe miroir de son pays. Une projection qui tombe à pic, à quelques jours de la sortie mondiale de l’album Made in Sénégal, annoncée pour le 23 octobre.
Le film ne se contente pas de filmer des musiciens. Il embarque le spectateur dans le Club Baobab, ce lieu mythique du Dakar des années 1960-70, où la jeunesse sénégalaise venait danser au son d’un mélange incandescent de wolof, de mandingue, de salsa cubaine et de rumba congolaise. À travers ce filtre, c’est l’histoire post-indépendance du Sénégal qui se déroule, avec ses espoirs, ses tournées panafricaines et ses heures de grâce musicales. Les rescapés de la formation d’origine, ceux qui les ont rejoints en route et leur public historique se croisent à l’écran pour livrer une mémoire orale que peu de livres d’école racontent aussi bien.
L’événement prend une saveur particulière avec la sortie imminente de Made in Sénégal, nouvel album du groupe. Après deux ans de mobilisation sur les réseaux sociaux pour financer l’enregistrement via une campagne de crowdfunding saluée dans toute la diaspora, Orchestra Baobab prouve que la légende n’est jamais en repos. Ce documentaire et ce disque fonctionnent comme un diptyque : d’un côté, la caméra fixe l’héritage ; de l’autre, les instruments le prolongent. À 60 ans et plus pour certains de ses membres, l’orchestre continue d’écrire en temps réel une discographie qui s’écoute de Lagos à Paris en passant par Tokyo.
L’Orchestra Baobab ne parle pas qu’au Sénégal. Le groupe a influencé toute une génération d’artistes afro-descendants, de Youssou N’Dour à Antibalas, en passant par les scènes afrobeats et amapiano qui reconnaissent aujourd’hui leur dette envers cette école du groove ouest-africain. Voir leur histoire projetée sur grand écran au Pathé Mermoz, c’est aussi rappeler que la musique africaine moderne, avant d’être un produit d’export, fut d’abord une affaire de boîtes de nuit, de répétitions nocturnes et de fête populaire. Le film devient alors une pièce d’archive pour toute la diaspora, un miroir tendu à tous ceux qui dansent encore sur des lignes de basse nées à Dakar.
L’avant-première se tient au Pathé Cinéma Mermoz, à Dakar, première salle du Sénégal à proposer une expérience cinématographique de qualité. Pour les programmations et réservations de billets, le site officiel pathe.sn détaille les séances. Au-delà de la projection, ce rendez-vous s’inscrit dans une saison culturelle particulièrement dense pour le Sénégal, qui célèbre ses 70 ans et confirme son statut de plaque tournante des arts vivants sur le continent.
L’Orchestra Baobab n’a pas livré qu’un patrimoine sonore : il a bâti un récit national en forme de playlist. Le documentaire projeté au Pathé Mermoz donne à voir la mécanique intime d’un groupe qui a fait danser trois générations, et rappelle qu’avant les classements Spotify, il y avait la sueur des clubs et l’invention collective. À Dakar comme ailleurs, l’histoire de l’Afrique moderne s’écrit aussi en 4/4, et Baobab en reste l’un des plus beaux chapitres.
Pathé Mermoz, Dakar — avant-première à découvrir. 23 octobre — sortie mondiale de Made in Sénégal.
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