7 juin 2026
Y’a des artistes qui chantent en deux langues. Et puis y’a Soolking. Lui, il vit en deux langues. Depuis Santana en 2018 et son raz-de-marĂ©e « Dalida », l’AlgĂ©rois a imposĂ© un truc que personne n’avait vraiment fait avant : un flow qui traverse la MĂ©diterranĂ©e sans escale. Ni passeport, ni douane. Juste du son.
Ce qui claque chez Soolking, c’est qu’il revendique ses racines algĂ©riennes sans jamais tomber dans le pastiche. « Mes parents sont arrivĂ©s d’AlgĂ©rie, j’ai grandi Ă Saint-Denis, j’suis un produit de la RĂ©publique », rĂ©sume-t-il souvent. De fruit du dĂ©mon Ă Sans visa, chaque projet est une lettre d’amour aux deux rives. Le raĂŻ s’invite dans les prod, le gasba se glisse entre deux basses, et le rĂ©sultat parle Ă Alger comme Ă Barbès.
« J’rappe pour ceux qu’on entend pas, pour ceux qu’on voit qu’dans les faits divers »
Les chiffres donnent le vertige. « Dalida » dĂ©passe les 100 millions de streams sur Spotify France, cumule diamant partout en Europe francophone. En 2024, il remplit l’Accor Arena de Bercy en deux soirs consĂ©cutifs — 40 000 billets avalĂ©s. Pour un gamin de Bab El Oued devenu star planĂ©taire, le symbole est Ă©norme. Et il ne s’en cache jamais : « Alger, Paris, c’est le mĂŞme combat, juste deux fuseaux horaires. »
Retour en 2018. Santana sort dans l’anonymat. Trois mois plus tard, « Dalida » explose grâce Ă un clip tournĂ© Ă Alger avec des images du cĂ©lèbre film. Le morceau devient numĂ©ro 1 dans huit pays. Soolking rĂ©veille un marchĂ© que personne ne regardait vraiment : celui du rap maghrĂ©bin francophone. Derrière lui, une vague. Dadju, Franglish, Naps — tout le monde commence Ă caser l’arabe dans les refrains.
Et c’est lĂ que Soolking est plus qu’un rappeur. Dans un contexte oĂą les relations entre Alger et Paris font le yoyo, ses clips tournent Ă Alger, ses interviews sont en darija, ses feats avec Rim’K ou Didi Bel exploquent les passerelles. Il prouve qu’un jeune Franco-AlgĂ©rien peut exister pleinement des deux cĂ´tĂ©s sans s’excuser d’ĂŞtre l’un ou l’autre. Ă€ l’heure oĂą l’identitĂ© se nĂ©gocie entre deux rives, ce flow bilingue est un acte politique autant qu’esthĂ©tique.
Regarde la jeune garde. L’AlgĂ©ro-Canadien Haviah Mighty, le Franco-Tunisien Tawsen, le Franco-Marocain Tagne — tous citent Soolking en rĂ©fĂ©rence. Pas juste pour les mĂ©lodies, mais pour la posture : ne jamais choisir, assumer l’hybriditĂ©. « On m’demande si j’suis français ou algĂ©rien, j’dis : j’suis Soolking, dĂ©merdez-vous avec ça. »
Le 7 juin 2026, Soolking continue d’Ă©crire sa partition. Et tant qu’il sera au micro, la MĂ©diterranĂ©e aura un son.
Sources : [Le Monde](https://www.lemonde.fr/) · [Spotify Charts FR](https://spotify.com/) — © 2026 BLU TV
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